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Le geste rond.

27012010

Le geste rond. dans Geometrie Amoureuse gesterond

Tu souris quand je parle de ton geste rond.

Il est pourtant parfait. Le mouvement de ton bras, quand  tu le lèves pour le poser sur mon visage, est l’expression même de la féminité et de la grâce. Tu tends ta main d’un geste lent, paume ouverte, offerte,  le temps semble alors subir une distorsion.  Tu t’approches encore et un flot de tendresse me submerge. Soudain ta peau me touche et tes doigts, pourtant immobiles,  me chuchotent des centaines de je t’aime . Ta main reste posée quelques secondes,  elle n’exerce aucune force sur ma joue, nul besoin de pression pour prouver l’évidence de notre rencontre. Ce n’est pas la caresse furtive et pressée des amants habitués, c’est une invitation au voyage immobile. Il me suffit de fermer les yeux pour flotter, suspendu, entre mon appartement et Cassiopée.

C’est une promesse de jours heureux, c’est la première pierre du chemin.

C’est le geste rond.




Les bulles d’enfance

24012010

Les bulles d’enfance dans Enfance bullesd
Les bulles d’enfance

Comme les bulles de Perrier qui s’accrochent résolument aux parois du verre et refusent leur destin, parfois des morceaux d’enfance restent coincés en nous.
Je ne parle pas de nos personnalités, de notre refus de vieillir, je parle des minuscules naïvetés, des micros-ignorances qui attendent cachées au fond de nous. On a évolué, appris des millions de choses, connus de milliers de mots, des centaines  de visages et des dizaines de corps. On est devenu adulte, petit à petit, lentement tout s’est transformé en nous, on a passé et repassé notre enfance au tamis. Chaque événement a été revécu, revisité et analysé.
Mais, de temps en temps, un petit lambeau de vie qui nous avait échappé, vieux de 35 ans, se décroche et apparaît sous nos yeux. C’est une petite machine à remonter le temps…
On relit l’Astérix par-dessus l’épaule de nos enfants et l’on comprend soudain le jeu de mots qui nous échappait depuis si longtemps !
On se rend un jour compte qu’on fait invariablement la même  faute d’orthographe depuis 30 ans.
On apprend étonné et honteux que les dragons n’ont jamais existé, on découvre que, non, les crapauds ne sont pas les maris des grenouilles.
Mi honteux d’avoir laissé échapper cette petite bêtise, mi attendri de se revoir dans les draps à carreaux du lit de notre enfance, on a soudain le gamin de l’école primaire que l’on était sous nos yeux.

Une bulle d’enfance vient d’éclater, un fragment de nos vies vient de prendre 35 ans en 2 secondes.
2 secondes parfaites : je viens d’avoir 10 ans , coco boer dans les poches de mes culottes courtes et  genoux écorchés.




Après midi normande

24012010

Après midi normande  dans Amitie planchen

A cette époque là, lui, son truc c’était la planche à voile, les sports de glisse en général, le ski l’hiver, la planche l’été. .. Tandis que  je recherchais la force et l’endurance, lui voulait la grâce et l’équilibre.

Comme nous étions amis, il voulait me convaincre : « Mais si, tu devrais essayer! La planche c’est génial, on éprouve des sensations incroyables quand le flotteur décolle, on n’a plus l’impression de toucher l’eau! »

J’étais plus que sceptique ….Déjà, pratiquer la planche à voile quand on habite en région parisienne pour moi c’était un peu comme aimer parler philosophie quand on travaille chez Infini ‘tif au centre commercial de Parly II : la frustration assurée. Et puis, je trouvais que  cette sensation de liberté, dont il me parlait, cadrait mal avec cette débauche de matériel qu‘il fallait charrier, arrimer, porter, monter, démonter,  laver,  rincer, fixer, porter encore et ranger. Icare avec des semelles de plomb.

Mais nous étions amis.

Et c’est ainsi qu‘un jour d’avril je me retrouvai dans une Renault Super5  au toit recouvert de « matos » : les flotteurs, les wishbones, les mats, les lattes, les combinaisons, les harnais  et, bien entendu,  les voiles. Et des voiles, il en fallait! A chaque force de vent son triangle de tissu plus ou moins grand. L’échelle de Beaufort était recouverte de nylon de toutes les couleurs. Force 3 la voile bleue, force 4 la rouge … C’était finalement assez poétique …

Tous ses petits confettis d’arc en ciel, c’est sur la plage de Cabourg qu‘il avait décidé de les étaler. La météo était maussade et le vent quasi nul mais de toute façon on avait une bonne heure devant nous: il fallait « gréer ». Et avec cette débauche de matériel, on n’était pas au bout de nos peines.

Malgré tout, au bout d’un long moment, tout était prêt: les flotteurs attendaient la mise à l’eau, les voiles faisaient leur jolie mosaïque sur le sable. Il ne nous restait qu‘à enfiler les combinaisons. C’est à ce moment que je compris l’extrême complexité de ce sport… Enfiler la combinaison néoprène sans se luxer une épaule, sans se tordre un pouce ou s’arracher un ongle, tout en évitant la crise de nerf et l’asphyxie: il est là l’exploit principal. Après une telle épreuve, chevaucher les vagues c’est comme lire un Cauvin quand on s’est farci « A la recherche du temps perdu »: de la petite bière

Quoi qu‘il en soit, quand  la deuxième peau noire fut mise,  le vent n’était toujours pas là.

La patience ! Ce doit être  la première qualité du véliplanchiste! Le vent, l’indispensable souffle d’air faisait sa diva: il se faisait attendre, se cachait, passait au large, mollissait, se faisait changeant et jouait avec les nerfs des planchistes parisiens. Nous avions trouvé refuge dans sa voiture où tournait en boucle une cassette d’Ella Fitzgerald et nous attendions. Cette musique  légère, fluide, était à l’exact opposé de notre après midi, elle donnait une impression de facilité, la voix aérienne déchirait la grisaille normande si triste. Il guettait  un vent qui se refusait et je nous observais si ridicules et si attendrissants dans nos combinaisons noires, bloqués dans une petite voiture à manger nos « Prince chocolat », à écouter  The First Lady of Song.

Soudain, un nuage, venu de l’horizon, amena quelques risées, il sauta sur sa planche, la mit à l’eau et fit quelques bords. Tandis qu’il s’adonnait aux joies de son sport je restais dans la voiture à écouter notre cassette,  le vent était trop fort pour moi! Quelle rigolade! Puis, pour que l’échec de l’entreprise soit total, le vent disparut comme il était arrivé: le nuage l’avait emmené dans son sillage. Mon ami restait en rade et fut obligé de rentrer à la nage. C’était la totale déconfiture.

Mais il y avait  Ella Fitzgerald : tout allait forcément bien. Depuis cette après midi là, si j’entends un de ses morceaux, je ferme les yeux et je nous revois coincés dans la R5, je sens l’odeur du néoprène et je mange des Princes ensablés qui crissent sous les dents .

Tout était loupé et pourtant c’était une après midi parfaite : nous étions amis.

 

 




Un peignoir ouvert sur l’avenir.

1012010

Un peignoir ouvert sur l'avenir. dans Geometrie Amoureuse 01janvier

Ta poitrine écarte délicatement le peignoir, c’est une porte de coton ouverte sur l’avenir. Un oeil rouge me guette et m’invite à entrer en 2010. Les courbes de ton sein s’allient à la douceur de la lumière et je reconnais la vibration de ce moment, c’est celle d’une émotion toute particulière, quand je prends conscience qu’à cet instant je ne pourrais être nulle part mieux qu’ici, avec toi.  Les larmes inondent mon sourire: c’est un signe qui ne trompe pas. Il ne manque rien, tout est en équilibre pour quelques secondes d’un bonheur éphémère mais absolu.

Cette année tu seras l’ange qui arrête les aiguilles de l’horloge sur les moments parfaits.

 







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