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La nuit des lucioles

18022010

La nuit des lucioles dans Magie lucioles

Nous étions une bande de jeunes imbéciles heureux, en vacances en Thaïlande. La vie était douce et facile: des amis, des amours, pas d’emmerdes. Nous avions une soif permanente d’activités physiques, il fallait sans cesse abreuver nos 25 ans, de marche, de course, de canoë, de trekking…

C’était l’absolu contraire de l’éloge de la lenteur.

Après le tour des îles et des plages du Sud, nous avions décidé d’aller visiter le Nord du pays. Mi culture-mi nature : statues et forêt tropicale. Je ne sais plus bien si nous avions atterri dans ce village à la suite d’une journée de radeau ou bien si nous y étions arrivés à dos d’éléphant, quoi qu’il en soit, ce soir là, nous étions sur une terrasse de bois à boire notre inévitable Shinga beer.

L’air était tiède, l’ambiance douce et amoureuse. La lumière déclinait, les rumeurs des conversations et celles du village nous parvenaient, lointaines. J’étais allongé dans les bras de mon amoureuse, à moins que ce fut le contraire … Plus la lumière s’éloignait, plus on se rapprochait.

Tout à coup je crus déceler une étoile filante à travers le feuillage, je me rendis immédiatement compte de la stupidité de mon impression, mais une seconde après, de nouveau, je voyais une minuscule lumière scintiller un instant dans la nuit. C’était une petite lueur blanche qui clignotait et se déplaçait. On la voyait ici, elle disparaissait une fraction de seconde et on la retrouvait plus loin.

Le temps que je prenne conscience de ce que je voyais, une autre, puis deux, puis cinq, puis dix autres petites loupiotes magiques avaient rejoint la première.

Je croyais à une invasion de fées clochettes! Qui pouvait bien lancer ces confettis lumineux sur nos têtes? Je n’avais jamais rien vu d’aussi poétique.

C’était une danse  nuptiale, un  mini feu d’artifice amoureux éclatait quelques mètres au-dessus de nous.

Des lucioles appelaient leurs femelles de la plus jolie manière, elles agitaient leur petites lampes torche dans la nuit pour dire « Je suis là, j’arrive! » et faisaient naitre une nouvelle carte du ciel, changeante, dansante  et romantique. En y ajoutant de nouvelles constellations elles nous expliquaient que ces  10 minutes de contemplation allaient nous laisser plus de souvenirs de ce voyage que nos vaines agitations.
Ce soir là, dans ses bras, j’ai vraiment vu les trente-six chandelles!




Ta petite musique de nuit

8022010

Ta petite musique de nuit dans Geometrie Amoureuse musiquedenuit

Sous mes mains le  rythme de ton  cœur  s’apaise,  ralentit et se renforce. Dans mon lit, un torrent s’assagit et se régule.

Soudain, tes membres semblent ne plus t’appartenir, ils sont agités de petits soubresauts incontrôlés et désordonnés. Ce sont les souvenirs de ta journée passée qui s’échappent de ton corps par ses extrémités.  Ce sont les derniers tourbillons du ruisseau qui devient rivière,  le souvenir de la montagne qui agite encore l’eau dans la plaine.

C’est la dernière tempête avant le calme.

Puis, peu à peu, ton corps si léger se fait un rien plus pesant. Il s’abandonne et se laisse aller à la confiance entre mes bras, il a baissé les armes. Je glisserais bien avec toi dans ce lent tempo mais mon esprit refuse cet abandon. Il veille. Il est à l’écoute de la petite musique qui monte en toi. Seule ta respiration résiste encore au sommeil, sa pulsation est de plus en plus lente, régulière, elle emplit l’espace.  Il règne dans la chambre le silence qui précède le début du concert: les instruments sont accordés, le public s’est tu…L’air lui même semble retenir son souffle.

Et tout à coup, elle est là, elle emplit la pièce et mon cœur.

La douce musique de nos nuits sort de ta poitrine  : tu dors.

Contre moi.

 




Chercher les œufs

1022010

 

Chercher les œufs  dans Enfance memepetite

 

 

L’humanité se partage en deux catégories : ceux qui ont cherché les œufs avec leur grand-mère et les autres. Les seconds ne connaissent de l’activité que la recherche des confiseries chocolatées, à Pâques.

Les pauvres.

Heureusement, j’appartiens à la première.

Elle prenait son panier et me disait «  Tu viens Killy? on va chercher les œufs . »

A pas lent, courbée par l’âge et les travaux des champs, ceux d’avant les machines agricoles, ceux de la binette et de la fourche, elle m’entrainait pour une course au trésor. Habillée de son éternel tablier noir, elle me suivait à travers la cour de la ferme. Je courais devant avec l’excitation et l’impatience de l’enfance, elle suivait lentement, souriante, avec la bienveillance d’une mémé pour son petit fils. Les mamies c’était à la ville, à la campagne c’était encore les mémés.

On commençait toujours par le poulailler où pondaient les poules les plus sages. Les gallinacées les plus conformistes y couvaient, à l’abri, bien installés dans leur corbeille d’osier. L’activité, à ce stade, n’était pas passionnante, on déplaçait la volaille et on lui volait son œuf. Pas bien compliqué. Il fallait toutefois distinguer les œufs frais des leurres que ma grand-mère laissait pour tenter de  fidéliser la basse-cour. Elle espérait ainsi regrouper les pondeuses et  éviter de « galoper » toute la ferme.

« Galoper »  C’était son terme. C’était ma joie.

Avec ce « galop » on entrait dans le vif du sujet. On partait dans l’inconnu. Le grand voyage, la quête d’un gamin de 8 ans.

Les poules les plus indisciplinées pouvaient s’être installées n’importe où.

Dans l’ancien four à pain, dans un grenier désaffecté, dans le coffre d’une vieille automobile laissée à l’abandon au milieu d’un pré. Mais leur préférence allait surtout au hangar à paille. Là, les bottes empilées irrégulièrement, laissaient des trous où la volaille aimait pondre. Certaines caches étaient connues, il fallait alors enfoncer le bras et sonder le vide de la main pour voir si l’œuf était là. Parfois la poule était dessus, et je devais vaincre ma peur d’enfant pour avancer ainsi le bras dans le noir, à la rencontre des plumes et du bec.

Le bonheur suprême était atteint quand j’escaladais quelques bottes en équilibre instable et que je découvrais une cachette inaccessible inconnue de ma grand-mère.

L’œuf ainsi découvert était le plus important.

L’omelette du soir, accompagnée du récit de mon exploit,  n’en était que meilleure.

Surtout quand elle était aux truffes !

 

Mais c’est une autre histoire….

 







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