Chercher les œufs

1 02 2010

 

Chercher les œufs  dans Enfance memepetite

 

 

L’humanité se partage en deux catégories : ceux qui ont cherché les œufs avec leur grand-mère et les autres. Les seconds ne connaissent de l’activité que la recherche des confiseries chocolatées, à Pâques.

Les pauvres.

Heureusement, j’appartiens à la première.

Elle prenait son panier et me disait «  Tu viens Killy? on va chercher les œufs . »

A pas lent, courbée par l’âge et les travaux des champs, ceux d’avant les machines agricoles, ceux de la binette et de la fourche, elle m’entrainait pour une course au trésor. Habillée de son éternel tablier noir, elle me suivait à travers la cour de la ferme. Je courais devant avec l’excitation et l’impatience de l’enfance, elle suivait lentement, souriante, avec la bienveillance d’une mémé pour son petit fils. Les mamies c’était à la ville, à la campagne c’était encore les mémés.

On commençait toujours par le poulailler où pondaient les poules les plus sages. Les gallinacées les plus conformistes y couvaient, à l’abri, bien installés dans leur corbeille d’osier. L’activité, à ce stade, n’était pas passionnante, on déplaçait la volaille et on lui volait son œuf. Pas bien compliqué. Il fallait toutefois distinguer les œufs frais des leurres que ma grand-mère laissait pour tenter de  fidéliser la basse-cour. Elle espérait ainsi regrouper les pondeuses et  éviter de « galoper » toute la ferme.

« Galoper »  C’était son terme. C’était ma joie.

Avec ce « galop » on entrait dans le vif du sujet. On partait dans l’inconnu. Le grand voyage, la quête d’un gamin de 8 ans.

Les poules les plus indisciplinées pouvaient s’être installées n’importe où.

Dans l’ancien four à pain, dans un grenier désaffecté, dans le coffre d’une vieille automobile laissée à l’abandon au milieu d’un pré. Mais leur préférence allait surtout au hangar à paille. Là, les bottes empilées irrégulièrement, laissaient des trous où la volaille aimait pondre. Certaines caches étaient connues, il fallait alors enfoncer le bras et sonder le vide de la main pour voir si l’œuf était là. Parfois la poule était dessus, et je devais vaincre ma peur d’enfant pour avancer ainsi le bras dans le noir, à la rencontre des plumes et du bec.

Le bonheur suprême était atteint quand j’escaladais quelques bottes en équilibre instable et que je découvrais une cachette inaccessible inconnue de ma grand-mère.

L’œuf ainsi découvert était le plus important.

L’omelette du soir, accompagnée du récit de mon exploit,  n’en était que meilleure.

Surtout quand elle était aux truffes !

 

Mais c’est une autre histoire….

 


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3 réponses à “Chercher les œufs”

  1. 4 02 2010
    agnesdunblogfr (21:32:35) :

    Pendant les vacances, t’ iras chercher les oeufs et je m’ occupe des truffes…
    D’ ac ?)

    Je t’ embrasse toi, et toutes les mémés qui nous ont tant aimés…

  2. 6 02 2010
    lesmomentsparfaits (15:21:04) :

    C’est pas la saison !! T’y connais rien … :-) )

  3. 7 02 2010
    agnesdunblogfr (21:26:18) :

    OK, je m’ incline…
    On remplace par des morilles alors ???
    :)

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